WHEN I SEE ME

19 Mar 2026 - 9 May 2026

Mercredi, 18 mars, 18h à 20h

Samedi, 21 mars, 14h

Dans cette exposition, le travail intime de Bianca Batlle-Nguema et les méditations photographiques de Ianne Kenfack Kitio invitent le public à un voyage intérieur: une invitation à se regarder pleinement. À mesure que nous nous immergeons dans les images au mur, notre regard revient peu à peu vers nous-mêmes.

À travers ce processus d’introspection, nous sommes confrontées à toute une palette d’émotions qui émergent lorsque nous nous voyons, représentées, lorsque nous nous reconnaissons en l’autre, et surtout lorsque nous osons faire face à notre propre reflet. Que se passe-t-il lorsque je me vois ?

When I See Me.

Batlle-Nguema : Inside the Round Mirror (2019)

REAPPROPRIATION DU REGARD ET L'IMAGE COMME ESPACE DE DÉFINITION DE SOI

C’est en hommage à la regrettée curatrice suisso-camerounaise Koyo Kouoh et à sa posture consistant à nous réapproprier notre regard, notre présence et notre existence en tant que personnes noires, notamment à travers son exposition When We See Us, que cette exposition s’intitule When I See Me.

La posture de recentrement implique de se demander que se passe-t-il lorsque nous centrons notre regard sur nous-mêmes, en tant que femmes noires, en tant qu’afrodescendantes, à une échelle intime et personnelle ? À quoi peut ressembler, dans la peinture et la photographie, un regard introspectif et sécurisant, un regard qui reconnaît l’être dans son entièreté et toute sa complexité, qui autorise le repos, la joie, la célébration, et toute la palette des émotions humaines ?

Première femme noire nommée curatrice de la Biennale de Venise pour sa 61e édition en 2026, et dont le travail au niveau des institutions culturelles s’est attaché à reconquérir l’espace, la voix et le regard, Koyo Kouoh, décédée le 10 mai 2025, nous laisse une vision commune : raconter des histoires d’agentivité noire et envisager l’art comme une source infinie de possibles.

Au cœur de sa pratique curatoriale,et comme principe guidant le travail de beaucoup d’entre nous se trouve l’idée que, comme elle le formule: « les personnes comptent plus que les choses ». En effet, les artistes ne sont pas seulement liées à leurs productions artistiques : leurs histoires et leurs vies sont au cœur même de l’art qu’elles créent.

Ainsi, lorsque nous entrons en relation avec leurs œuvres, restons attentives au fait que nous rencontrons en réalité une part d’elles, et que, dans ce processus, nous offrons également une part de nous-mêmes.

La vulnérabilité que les artistes nous offrent dans leurs peintures et leurs photographies participe d’un processus de réappropriation de soi. Consciente de l’importance de la dépiction de femmes noires par des femmes noires dans la peinture et la photographie, surtout en tant qu’afrodescendantes en Europe, elles ont dû se confronter à des questions telles que : Comment me représenter? Quel regard, quelle perception ai-je, sur les autres femmes noires? Au fond, comment est-ce que je me VOIS?

Il s’agit d’un regard différent de celui qui opprime, qui scrute, qui objectifie. C’est un regard qui reconnaît, sincère, et bienveillant. A leur manière unique, les deux artistes donnent au regard une visée réparatrice et par leur posture elles nous invitent à s’autoriser à se voir entièrement, se voir avec légèreté, comme avec gravitas, mais aussi à se voir en l’autre. En fait, leur regard libre et libérateur rassemble plutôt qu’il ne fragmente, il nourrit plutôt qu’il n’extrait et nous permet de nous réaffirmer pleinement.

Kenfack Kitio : Untitled II (2024)

REVENIR A SOI

Au cœur du travail de Batlle-Nguema présenté ici se trouve l’autoportrait, qu’elle utilise pour mieux se comprendre, couche par couche, pigment par pigment, tout en archivant les transformations majeures de sa vie. Les œuvres intimes de l’exposition parlent avec nuance et subtilité de découverte de soi, de bouleversement intérieur, de vérité émotionnelle et de l’état de sérénité atteint lorsque l’on parvient enfin à voir sa propre essence, In Stillness.

Ses peintures couvrent une période de sept ans, de 2019 à 2025, durant laquelle elle a entrepris l’un des voyages de découverte de soi les plus transformateurs de sa vie en Afrique du Sud, embrassant pleinement son essence de femme, au-delà des rôles prescrits, et laissant affleurer sur ses toiles les multiples émotions qui jalonnent ce chemin.

Kenfack Kitio, qui utilise également l’autoportrait dans plusieurs de ses œuvres pour reprendre possession de son propre regard, représente aussi d’autres personnes avec lesquels elle fait communauté. C’est notamment le cas des photographies présentées ici, prises lors d’une de ses résidences artistique en Côte d’Ivoire en 2024 et qui centre l’artiste Lyra Akissi Ouattara, elle même dans son processus de création. Ces images cristalisent un moment de rencontre entre les deux artistes ayant développé un lien particulier et le dialogue dans leur pratique qui se reflétent l’une dans l’autre.

En archivant une jeunesse contemporaine à laquelle elle s’identifie, Kenfack Kitio a mis à jour cette série à la fois tendre, nostalgique et évocatrice.

Son travail sur la lumière, la vue du large, et l’environnement hybride entre lieu de vie et espace de travail nous permet de saisir l’intimité dans laquelle nous pénétrons lorsque nous engageons notre regard avec ces photographies. À travers son objectif, nous sommes happé-es par le miroir, qui joue un rôle central dans la réflexion sur soi et sur les univers que nous créons.

Bansoa Sigam

Horaires

Lundi: Fermé

Mardi: Fermé

Mercredi: 12h00 - 18h00

Jeudi: 12h00 - 20h00

Vendredi: 12h00 - 18h00

Samedi: 12h00 - 18h00

Dimanche: Fermé

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