Telluric Silhouettes

30 Oct 2026 - 19 Dec 2026

REINATA SADIMBA ET TIEMAR TEGENE

Vernissage le 29 octobre 2026 de 18h à 20h
Exposition ouverte jusqu'au 19 décembre 2026

« Telluric Silhouettes » réunit deux artistes dont les pratiques prennent racine dans un rapport physique et sensible à la matière. Le titre évoque à la fois la puissance de la Terre et les silhouettes qui en émergent : des corps, des êtres et des formes traversés par les forces du monde qui les entourent. Chez Reinata Sadimba comme chez Tiemar Tegene, la matière est le lieu d’une rencontre entre le terrestre et l’humain. La terre, l’encre, les empreintes, les reliefs et les superpositions donnent aux figures une présence presque organique, comme si elles surgissaient de la matière elle-même. « Telluric Silhouettes » invite à regarder ces silhouettes comme des présences ancrées dans un monde physique, culturel et vivant.

Reinata Sadimba (2022)
Sans titre
34 x 19 x 16,5 cm, céramique.

Forger des présences

Créatrices réunies par leur relation charnelle à la matière, par l’expression de leur univers en couleur noire et leur amour pour la texture. Forgeronnes de silhouettes, Reinata Sadimba et Tiemar Tegene gravent, creusent, modèlent leurs figures jusqu’à leur donner vie. Une vie insufflée par la texture plutôt que par les arrière-plans. Une vie écrite au féminin. Elles étudient des phases de l’existence, ou les émotions que leurs sujets traversent : l’amour, le deuil, ou encore la mésentente. Le cosmos et ses êtres sont au cœur de leur création. Centrée sur l’humain, l’univers de Sadimba a un large lexique de positions ; alors que Tegene fait habiter ses toiles tantôt de félins, tantôt de végétation, de ce qui est présent sur Terre. Les deux artistes ont aussi en commun leur goût pour les gris et les noirs. Ce sont les seules couleurs que Sadimba s’autorise à donner à ses céramiques au-delà de la terre cuite laissée au naturel et elle le fait à travers l’utilisation de minéraux : la chaux et le graphite.

Alors que Tegene privilégie les soliloques, la communauté occupe une place importante chez Sadimba. Le deuil est une émotion qui se vit en solitude, tandis qu’il faut être deux pour une scène d’amour. Sadimba nous montre qu’à plusieurs il est aussi possible de s’abandonner aux effusions.

Tiemar Tegene (2025)
Mourning your love
80 x 90 cm, monoprint sur toile.

Habiter la Terre

La Terre, cette planète qui nous offre tant, dans laquelle les artistes contemplent, puisent et s’inspirent. Une force, voire une énergie qui transmet du vrai. Le réel tellurique est ce que Tiemar Tegene tente de capturer dans ces œuvres. Elle observe les positions de ses modèles, leurs mouvements et ceux du monde qui les entourent, puis superpose les couches d’impression pour traduire ces déplacements, traversés par une énergie qui leur est propre. Chez Sadimba, le tellurique est inscrit dans la matière même. La terre passe entre ses mains, se laisse modeler, résiste, se fissure, conserve les traces du geste. La chaux, le graphite, l’argile, tant de minéraux avec lesquelles elle travaille. Chez Sadimba comme chez Tegene la Terre est une force agissante. Toutes les deux semblent chercher, à travers leurs pratiques, ce qui relie les êtres à la matière dont ils sont issus.

Reinata Sadimba (2025)
Sans titre
45 x 23 x 23 cm, céramique.

Traces et mémoire

Les origines makondé de Sadimba traversent son œuvre. Nous retrouvons les dinembo sur certains visages qu’elle a façonnés, les tatouages caractéristiques de son groupe social. Son œuvre apparaît ainsi profondément ancrée dans une expérience culturelle et personnelle, où la mémoire makondée se mêle à son langage sculptural.Tegene déplace l’encre sur son premier support avec ingéniosité et dextérité. Elle étale avec plus ou moins de couleur, ou au contraire en retire pour texturiser, estampille exerçant des pressions différentes, ce sont tous des gestes sensibles et physiques, de l’ordre de la recherche. Tegene explore le potentiel des nuances de gris, telle une chercheuse de la technique d’impression.

Tiemar Tegene (2025)
ኦቻቻ ጋሞኖ ጋሞኖ ኦቻቻ
149 x 169 cm, monoprint sur toile.

Horaires

Lundi: Fermé

Mardi: Fermé

Mercredi: 12h00 - 18h00

Jeudi: 12h00 - 20h00

Vendredi: 12h00 - 18h00

Samedi: 12h00 - 18h00

Dimanche: Fermé

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